Pierres à cupules, gravures et néolithique de nos montagnes

Hypotèses sur les peuplades à l'origine de ces pierres à cupules ou gravées.


   Sommaire

    Constatations
    Recoupements
    Hypotèses




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Pierre gravée de Tincave valée de Bozel Savoie.

En dehors de comprendre les raisons de leur usage, les pierres à cupules sont aussi des marqueurs de mode de vie et des territoires, des peuplades qui les ont créées et utilisées. En étudiant leur répartition, leur positionnement sur le territoire, on peut essayer de recouper ces infos avec ce que l'on connait des peuples des périodes oú on suppose qu'elles sont apparues. C'est ce que j'essaie de faire dans cette page au travers des quelques hypotèses évoquées.

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Constatations

La dificulté avec les arts rupestres, c'est qu'ils sont dificilements datables, les pierres à cupules ont été retrouvées à toutes les périodes préhistoriques et même historiques, ce qui ne facilite pas la datation. Dans nos recherches nous nous sommes donc concentré sur le phénomène des pierres à cupules des Alpes et des gravures qui y sont souvent associés. Le phénomène des pierres à cupules de ce type à peu de cas de datations, une pierre utilisée sur une tombe à Thonon les bains permet par la datation de la sépulture des environs de -3000 avant JC, du moins au minimum, les gravures pouvant êtres antérieures et en réemploi. La pierre de Trefael aux pays de Galles d'après les fouilles pourrait remonter elle à -3500 avant JC ou plus. On est avec ces datations sur une limite probalement basse du phénomène.

Essais de datation par analyse pétrographique :

  • Rupe Magna near Grosio, Valtellina. northern Italy ABOUT MICROERUSION ANALYSIS AS A TOOL TO DATE PETRUGLYPHS encased in silica accretions (Bednarik 1995; Watchman 1995) established petroglyph chronologies.
  • Détail sur la méthode d'analyse.


  • Une autre zone de pierre à cupules existe avec des styles de gravures différents, elle couvre principallement les pays de la côte Atlantique, Grande Bretagne, Irelande, Espagne et Portugal. Elle est caractérisée par ces nombreux dessins en spirale ou en forme de labyrinthe circulaires, dont le centre est une cupule.

    Ce phénomène est probablement postérieur à celui des Alpes.





    Les pierres à cupules sont très nombreuses dans les Alpes et le Massif central. Certaines d'entre elles sont gravées, mais assez peu en proportion de l'ensemble. Le motif principal dans ces régions est représenté par les antropomorphes cruciformes, avec différentes variantes simples, cupulées, ou plus rarement potencées. D'autres motifs existes mais plus divers et sans séries particulières, des dessins en forme d'arc,... Dans l'ensemble ces dessins sont très simples et schématiques. On n'y trouve pas de motifs liés à la néolithisation.

    Les pierres se trouvent à toutes les altitudes et jusqu'à plus de 2000m, mais beaucoup sont situées dans les zones entre 600 m et 1400 m. On les retrouve le plus souvent le long d'anciens petits chemins, parfois oubliés, à mis pente sur les adrets et dans des emplacements remarquables en vue de vallées et pics sur des points de guet.

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    Recoupements

    La zone où se trouvent les pierres à cupules est à cheval sur trois pays : France, Italie et Suisse, la zone des gravures cruciformes est plus restreinte elle va de la partie nord ouest de l'Italie et forme un arc jusqu'au Languedoc, toujours en montagne. On peut donc penser qu'il existait une certaine unification culturelle sur ces zones. Des pierres existent aussi dans d'autres zones mais en moins grande quantité. L'altiude privilégiée entre 600 m et 1600 m sur les adrets peut aussi être un autre indice de mode de vie.





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    Cartes des pierre gravées de cruciformes.



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    Hypothèses

    Mes recherches et constatations m'ont amenées à une hypothèse très éloignée des idées préconsus habituelles sur l'histoire de ces pierres. Le très grand nombre de pierres encore présentes de nos jours, plusieurs milliers d'années après, peut laisser penser que ce phénomène a durée sur une période assez longue. Ce phénomène aurait pu commencer pour les plus anciennes avant l'arrivée des premiers néolitiques et durer de -6000 à -3000 av JC suivant les secteurs. Pendant cette longue période, plusieurs évolutions des pratiques ont pu se produire, les gravures arrivant en complément peut être vers la fin de la période. Toutes les cupules n'ayant pas toutes forcément le même usage.

    À cette période après 6500 av JC, plusieurs phénomènes météorologiques touchent l'Europe, d'après les fouilles une sècheresse touche le sud de la France et entraine une baisse des implantations humaines sur cette région. Vers 6000 av JC arrive une période légèrement plus chaude qu'actuellement, c'est aussi à cette période que survient une évolution dans les pratiques mésolithiques. Un phénomène nouveau s'installe en provenance du sud de l'Italie, appelé Castelnovien, il s'étend en Europe, et est particulièrement actif en montagne ou la populassion progresse. Sa zone d'influence principale est assez concordante avec celle des pierres à cupules. Il y a peu de trace de ces peuplades qui ont un style de vie de chasseurs ceuilleurs et qui sont implantées dans des zones peu fouillées et peu propices à la conservation des vestiges. Les archéologues parlent d'Epicastelnovien, de Roucardien, de Meso-Neolithique ou de Pericardial pour qualifier cette période de transition entre 5500 et 4800, avec l'apparition des céramiques de la hoguette et autres, qui se rencontrent chez des chasseurs cueilleurs, avec dans certain cas quelques traces encore rares d'animaux domestiques, ...

  • Mésolithique dans les alpes du nord
  • Le second Mésolithique d’Europe occidentale : origines et gradient chronologique
  • Le Castelnovien
  • Mésolithique et Néolithique ancien en Italie et dans le sud-est de la France entre 7000 et 5500 BCE
  • Néolithisation de l'Italie du Nord
  • Migrations et gestions saisonnières des alpes aux temps préhistoriques
  • Stratégies de chasse et territoires tribaux au Mésolithique
  • Le Néolithique ancien de l'arc liguro-provençal
  • Les chronologies néolithiques dans le Bassin rhodanien : un bilan
  • L’abri-sous-bloc de ALP 2 de l’Aulp du Seuil
  • Castelnovien sur Wikipedia

  • Seule des fouilles plus nombreuses sur sites en tenant compte de ces possibilitées pourront valider ou infirmer ces hypothèses, ou en proposer d'autres. Il est important pour les datations de ces pierres de mieux étudier les lieux où elles se trouvent, et d'y faire quelques sondages, certaines pouvant indiquer des lieus d'usages divers. Il est important d'étudier plus en détail les itinéraires qu'elles marquent.





    On peut suposer qu'un écosytème favorable à l'homme se trouvait sur les pentes ensoleillées des montagnes des Alpes et du Massif central, où l'eau est abondante et oú aux limites entre feuillus et conifères persistait des clairieres propices à la chasse, et plus accessibles pour l'homme que dans les zones plus basses où la forêt dense, complique leur survie. Dans ces zones de transision des animaux différents se retrouvent pour brouter : cerfs, chevreuils et sanglier, remonte des forêts basses, bouquetins et chamois descendes des cimes. Et simplement en changeant de niveau suivant les saisons l'homme peut varier sa chasse tout au long de l'année, avec par exemple les marmottes en altitudes. La cueillette est également intéressante avec les noisetiers et champignons, ... abondants. Les sommets des cols offre aussi des patures intéressantes pour chasser les troupeaux sauvages d'altitude. Il y eu des périodes chaudes ou sèches propices et des périodes plus froides ou plus humides avec des régressions de l'habitat.

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    Evolution du mésolithique Castelnovien entre 6300 et 5400 av JC. On peut remarquer que les zones de présence des castelnoviens coincident aussi en Espagne, au Portugal et en Bretagne du sud aux autres zones à pierre à cupules à l'exception de la Grande Bretagne.

    Avec l'arrivée de phénomène néolithique ces montagnes ont pu servir de refuge temporaire aux mésolithiques restant en phase de néolithisation. Et même leur apportant un second soufle au travers du commerce intervallées qu'eux seules savaient pratiquer et avec la fourniture de bien lithiques ou autres spécifiques aux montagnes. Le métier de colporteur très répendu chez les montagnards est peut-être né dès ces périodes.

    Le phénomène des premières pierres à cupules simples a pu commencer dès ces périodes anciennes de transision, les gravures plus complexes survenant plus tard. Vu le nombre extrêmement important de ces pierres dans les montagnes, elles sont très fréquentes et on peut penser qu'elle avaient un rôle important dans l'organisation des peuplades qui les ont utilisées. Pour les prénéolitiques le travail les plus vitaux sont la chasse et la cueillette, donc cette fréquence peut être lié à ces activités.

    Les zones d'altitudes où sont le plus couramment les pierres à cupules semblent peu propices à une agriculture encore balbutiante, seul éventuellement l'élevage pouvait commencer à si développer avec des compléments fourni par la chasse. Un mode de subsistance un peu nommade qui convenait bien mieux aux derniers mésolitiques en cours de néolitisation. On peut donc imaginer dans un tel contexte d'autres usages pour ces pierres que ceux imaginés pour des néolithiques. Pour la chasse, on peut penser à un moyen d'attirer des animaux, comme le font les chasseurs en plaçant des dépots de sels, ou de graines, pour habituer et attirer les animaux dans certains points du territoire. Pour la cueillette on peut imaginer des lieux de cassage de noix ou de broyage de graines sauvages, à proximité des zones de récoltes. Le temps passant cet usage a pu se perdre et certaines de ces pierres ont pu devenir des lieus orientès vers un autre usage plus cultuel ou mémoriel et changé ainsi complettement de destination. Ce ne sont que des hypotèses sans fondements mais qui m'aident à imaginer des usages perdus avec le temps.

    


    Création 2016 mise à jour du 15/09/2017